Les États membres de l’Union pour la Méditerranée adoptent trois stratégies majeures, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2026
- La Méditerranée se réchauffe 20 % plus vite que la moyenne mondiale, intensifiant les dérèglements climatiques tels que les sécheresses, les vagues de chaleur extrême, les inondations et les perturbations des écosystèmes, et menaçant la sécurité en eau, en alimentation et en énergie de plus de 500 millions de personnes.
- À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2026, les États membres de l’UpM ont adopté trois stratégies régionales majeures – sur l’interdépendance eau-énergie-alimentation-écosystèmes, le financement des systèmes hydriques et la transformation numérique du secteur – traçant ainsi un chemin pour la région euro-méditerranéenne jusqu’en 2030.
Barcelone, 19 mars 2026. La Méditerranée est l’une des régions du monde qui se réchauffent le plus vite. Les sécheresses, qui survenaient une fois par génération, arrivent désormais presque chaque année. Sur ses rives méridionale et orientale, des millions de personnes font face à une crise à laquelle aucune nation ne peut remédier seule.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, l’Union pour la Méditerranée (UpM) offre une réponse concrète : l’adoption par ses 43 États membres de trois cadres stratégiques fixant, jusqu’en 2030, un cap commun sur l’eau, l’énergie, l’alimentation, les écosystèmes, le financement et la transformation numérique.
« L’eau n’est pas une question sectorielle. Elle est le fondement de la vie, du développement et de la paix. L’adoption de ces trois stratégies est le signe que, malgré la complexité de notre paysage géopolitique, la communauté méditerranéenne est capable d’ambition collective et d’action coordonnée. Les défis sont urgents, et ce n’est que par une coopération régionale soutenue que nous pouvons les relever », a déclaré Nasser Kamel, secrétaire général de l’UpM.
« Ces stratégies se traduisent déjà en actions concrètes sur le terrain. Des pays comme l’Égypte, la Jordanie, le Liban et le Maroc ont adopté des décisions et mis en place des mécanismes institutionnels pour intégrer les approches de l’UpM en matière d’interdépendance eau-énergie-alimentation-écosystèmes. Cela démontre que la coopération régionale peut soutenir et accélérer la mise en œuvre de ces politiques au niveau national », a déclaré Joan Borrell, secrétaire général adjoint de l’UpM.
L’agriculture représente la plus grande part de la consommation d’eau douce dans la région, soit entre 60 et 70 % des prélèvements. Les services d’eau et d’assainissement consacrent jusqu’à un tiers de leurs budgets opérationnels à l’énergie, tandis que les systèmes énergétiques dépendent largement de l’eau pour le refroidissement, l’hydroélectricité et la production d’hydrogène. Ces interdépendances entre l’eau, l’énergie, l’alimentation et les écosystèmes ont trop longtemps été traitées de manière isolée, chaque secteur optimisant pour lui-même et créant incidemment des risques pour les autres. Le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution sont trois crises qui frappent en premier lieu les communautés déjà défavorisées : foyers ruraux, communautés informelles et populations touchées par les conflits.
L’adoption de ces stratégies représente l’avancée la plus substantielle de la gouvernance euro-méditerranéenne de l’eau depuis la première réunion ministérielle de l’UpM sur ce sujet. Chaque stratégie aborde une dimension de la crise qu’aucun pays ne peut résoudre seul :
- La Stratégie d’interdépendance eau-énergie-alimentation-écosystèmes dans le continuum de la source à la mer en Méditerranée : Développée avec PNUE/PAM, GWP-Med, PRIMA et le projet WES-BCA de l’UE, cette Stratégie fournit un cadre régional de gouvernance intégrée. Elle aborde les nécessités concurrentes en eau dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, de l’urbanisme et des écosystèmes, en veillant à ce que les mesures de sécurité alimentaire et énergétique protègent les rivières, les aquifères et les zones côtières, et traduit cette approche intégrée en politiques et investissements concrets.
- Les Recommandations de l’UpM sur le financement de l’eau : Préparées dans le cadre du Groupe de travail de l’UpM sur le financement et les investissements dans l’eau, ces Recommandations traitent du sous-financement chronique des services d’eau en Méditerranée. Elles offrent aux gouvernements, régulateurs, financiers et opérateurs une feuille de route pratique pour rendre les services d’eau économiquement viables tout en protégeant l’accès des ménages à faibles revenus et des communautés mal desservies.
- Le Cadre stratégique pour la transformation numérique du secteur de l’eau : S’appuyant sur des études de cas nationales et des initiatives internationales, ce Cadre guide les pays méditerranéens dans la numérisation des systèmes d’eau pour faire face à la pénurie, réduire les pertes et moderniser les infrastructures vieillissantes. Il promeut les compteurs intelligents, les capteurs, les plateformes de données et l’IA pour améliorer l’efficacité et la qualité des services, avec des options de mise en œuvre adaptées à la diversité des contextes nationaux.
Aucun pays méditerranéen ne peut gérer seul les aquifères, les bassins fluviaux ou les écosystèmes côtiers partagés. Un manque d’investissement dans des infrastructures résilientes au changement climatique dans un pays a des effets d’entraînement prouvés sur les chaînes d’approvisionnement, les flux migratoires et la stabilité régionale. Les mécanismes qui soutiennent l’Agenda sur l’eau de l’UpM – la plateforme régionale, les conférences annuelles sur le financement et les investissements, les groupes de travail techniques – constituent le cadre de cet effort collectif.
Dans la région, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement s’améliore, les solutions naturelles gagnent du terrain et le financement mixte mobilise de nouveaux capitaux. Les progrès vers l’Objectif de développement durable 6 sur l’accès universel à l’eau et à l’assainissement restent néanmoins inégaux.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, les 43 États membres de l’UpM passent de l’engagement à la mise en œuvre, pour accélérer les progrès à l’horizon 2030.
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