Les partenaires méditerranéens renforcent leur préparation opérationnelle au Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières de l’UE lors d’une deuxième formation de l’UpM
- Cette formation a réuni des autorités nationales, des représentants des secteurs du ciment, de l’acier et des engrais, des organismes de vérification et des experts techniques issus de 14 pays partenaires du Sud et de l’Est de la Méditerranée ainsi que des Balkans occidentaux, dont les exportations vers le marché de l’UE sont directement concernées par ce mécanisme.
- À l’approche du premier cycle de conformité au Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) de l’UE, les importateurs auront l’obligation d’acheter des certificats à partir de février 2027 pour les marchandises importées en 2026 ; les discussions ont porté sur les données d’émissions vérifiées, le choix entre les valeurs réelles et les valeurs par défaut, ainsi que sur les futures règles de l’UE relatives à la déduction des prix du carbone payés dans les pays tiers.
Barcelone, 29 septembre 2026. L’Union pour la Méditerranée a accueilli les 28 et 29 septembre la deuxième édition de sa formation régionale sur le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières de l’UE (MACF) à son siège de Barcelone.
Organisée avec le soutien financier et technique de la Coopération allemande au Développement (GIZ) et en collaboration avec la Commission européenne (DG TAXUD et DG CLIMA), cette formation a évolué de la sensibilisation à la préparation opérationnelle, alors que les règles de l’UE relatives aux droits de douane carbone entrent dans leur phase définitive, les données vérifiées sur les émissions déterminant désormais les obligations liées aux exportations de la région.
« La transition carbone dans le commerce est, par essence, une question de développement : elle déterminera où se développeront les industries de demain, où la valeur sera ajoutée et où des emplois de qualité seront créés. Notre région aborde cette transition avec de réels atouts », a déclaré Nisreen Tamimi, secrétaire générale adjointe de l’UpM chargée du Développement durable, lors de l’ouverture de la formation.
Klaus Röhrig, de la Direction générale de la fiscalité et de l’union douanière de la Commission européenne, a présenté l’état d’avancement du régime définitif, notamment les règles relatives au suivi, à la déclaration et à la vérification des émissions, ainsi que les dispositions à venir concernant les prix du carbone effectivement payés dans les pays tiers. Dans un discours liminaire consacré à ce sujet, Thomas Bernheim, de la Direction générale de l’action pour le climat, a exposé les avantages de la tarification du carbone en réponse au MACF, soulignant qu’un prix du carbone national permet à la fois de réduire l’exposition à la frontière de l’UE et de conserver les recettes au sein de l’économie exportatrice.
Durant une journée et demie, les participants ont pris part à des sessions techniques parallèles adaptées à différents niveaux de maturité en matière de tarification du carbone, ainsi que lors de tables rondes sectorielles consacrées au ciment, à l’acier et aux engrais, les trois secteurs couverts par le MACF qui revêtent la plus grande importance pour le commerce méditerranéen. Les discussions ont mis en évidence des priorités communes à l’ensemble de la région : des données fiables sur les émissions au niveau des installations, des capacités de vérification et d’accréditation, ainsi que la circulation de l’information tout au long des chaînes d’approvisionnement.
Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières de l’UE, établi en vertu du règlement (UE) 2023/956, impose une redevance sur les émissions inhérentes à certaines marchandises importées dans l’Union européenne, à l’image du prix du carbone appliqué aux producteurs de l’UE dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’UE, dans le but déclaré de prévenir la fuite de carbone. Il couvre six secteurs : le ciment, le fer et l’acier, l’aluminium, les engrais, l’hydrogène et l’électricité. À l’issue d’une phase transitoire de déclaration s’étendant d’octobre 2023 à fin 2025, le mécanisme est entré en vigueur dans son régime définitif le 1er janvier 2026.
Cette formation reflète le rôle de l’UpM en tant que plateforme régionale neutre sur les questions climatiques et commerciales, ainsi que son engagement à accompagner ses États membres sur la voie menant à la COP31.
