
Nagla Bahr : Combler le déficit de financement pour un développement économique durable
La région méditerranéenne est confrontée à des défis urgents tels que la dégradation de l’environnement, le changement climatique et l’inégalité économique. En réponse à ces préoccupations mondiales, l’économie verte apparaît comme une voie vers le développement durable et la prospérité partagée. Toutefois, l’adoption de pratiques et de technologies durables nécessite des investissements considérables. Par conséquent, des mécanismes financiers innovants pour les petites et moyennes entreprises (PME) sont essentiels pour stimuler le progrès durable dans la région méditerranéenne.
Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) représentent 90 à 95 % de l’ensemble des entreprises enregistrées dans la région méditerranéenne et emploient les deux tiers de la main-d’œuvre du secteur formel. Les MPME sont un outil de création d’emplois à long terme et ont le potentiel de devenir les principaux moteurs du développement régional durable, non seulement en termes de croissance économique, mais aussi en stimulant l’innovation industrielle et le développement des infrastructures, en promouvant l’inclusion socio-économique et en faisant progresser les transitions verte et numérique.
Néanmoins, les MPME ne bénéficient toujours pas de l’accès aux marchés financiers. Il est donc urgent de mettre en place des mécanismes adéquats pour favoriser les investissements et contribuer à leur croissance et à leur réussite. Soutenir ce secteur est l’un des principaux objectifs professionnels de Nagla Bahr, présidente du Réseau euro-méditerranéen de garantie (REMG).
« J’ai toujours voulu étudier l’économie. Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours été curieuse de comprendre comment le monde fonctionne et de dévoiler ses jeux de pouvoir et, pour moi, c’est cela l’économie », a déclaré Nagla à l’UpM. Après avoir obtenu son diplôme, son implication au sein de projets financés par l’UE en Égypte l’a amenée à se spécialiser dans le développement économique.
Nagla a toujours considéré les start-ups comme les principaux moteurs de l’économie et les moteurs potentiels du développement durable. C’est pourquoi elle a décidé de rejoindre le secteur des systèmes de garantie de crédit afin de soutenir et d’autonomiser les PME pour assurer leur lancement et leur pérennité. Selon ses propres termes : « Non seulement j’aime ce que je fais, mais je crois aussi en ce que je fais ».
Au cours des premières étapes de sa carrière dans le secteur de la garantie de crédit, Nagla a assisté à des réunions sporadiques entre certains pays d’Afrique du Nord et d’Europe méridionale. Néanmoins, Nagla estime qu’il manquait une structure solide qui pourrait contribuer à consolider les relations Nord-Sud dans la région méditerranéenne. C’est dans ce contexte que l’UpM est apparue pour remplir ce rôle en 2012, ce qui a conduit à la labellisation du Réseau euro-méditerranéen de garantie (REMG ) en 2022. Le label de l ‘UpM garantit la qualité et le potentiel des projets, ce qui contribue à accroître la notoriété et la visibilité des projets ainsi qu’à faciliter l’accès à un réseau de donateurs et de partenaires potentiels, en tirant parti du pouvoir de mobilisation de l’UpM.
« L’UpM a joué un rôle majeur afin de faciliter la connexion entre le Nord et le Sud de la région méditerranéenne dans les systèmes de garantie de crédit », a déclaré Nagla.
Le projet REMG vise à améliorer l’accès au financement pour les MPME en unifiant les systèmes de garantie de crédit (SGC) opérant dans la région euro-méditerranéenne. Le projet s’articule autour de quatre actions interdépendantes : la formation, la recherche et le développement, le plaidoyer et la communication, ainsi que le partage des connaissances. Selon Nagla, présidente du projet, l’échange de bonnes pratiques a permis aux pays du sud de la Méditerranée de s’inspirer des marchés et des industries les plus consolidés des pays du Nord. Par ailleurs, Nagla souligne que les pays de la Méditerranée septentrionale ont pu s’inspirer des stratégies et des approches novatrices des pays du Sud.
Le REMG est une initiative clé pour aider les MPME, en particulier celles dirigées par des jeunes et des femmes entrepreneurs, à combler le déficit de financement dans la région méditerranéenne. Tout en décrivant les start-ups comme les moteurs de nos économies, Nagla a présenté les SGC comme les principaux facilitateurs de l’investissement, et par conséquent comme un excellent moyen pour les entrepreneurs de recevoir le financement nécessaire pour concrétiser leurs idées et créer des entreprises.
Entre 2020 et 2023, l’EMGN est parvenu à :
- Développer le réseau avec une augmentation du nombre de membres de 8 à 11 membres et 5 membres associés, en renforçant sa dimension euro-méditerranéenne.
- Organiser 7 académies de formation avec environ 100 participants formés à la numérisation, à la garantie verte et à la gestion des risques.
- Créer trois groupes de travail consacrés à la collecte de données, à la numérisation et à la contre-garantie régionale afin de rechercher et de développer de nouvelles idées de produits.
- Une coopération accrue entre les systèmes de garantie de l’UE et les systèmes de garantie du sud et de l’est de la Méditerranée a été mise en place.
- Une sensibilisation accrue quant à l’impact des garanties de crédit sur l’accès des MPME à l’investissement.
Les membres du SGC du REMG ont également estimé qu’entre 70 et 90 % des MPME n’auraient pas été en mesure de recevoir un prêt sans garantie, attestant ainsi de l’impact et de la pertinence des systèmes de garanties de crédit.
Faisant part de ses espoirs concernant le secteur des systèmes de garantie de crédit pour le futur, Nagla a soutenu que la durabilité de nos économies exige des garanties de crédit plus solides et plus résilientes dans la région méditerranéenne, offrant des outils financiers efficaces et capables d’anticiper et de surmonter les perturbations du marché. Pour atteindre ces objectifs, des initiatives tel que le REMG revêtent une importance particulière en tant que plateforme clé pour présenter les bonnes pratiques, partager les connaissances et souligner le rôle essentiel des systèmes de garanties de crédit dans la région.
Interrogée sur les conseils qu’elle donnerait à un jeune entrepreneur, Nagla a insisté sur l’importance de l’éducation. Selon elle, il ne s’agit pas seulement d’avoir une idée géniale et innovante, mais aussi d’avoir les compétences financières, de marketing, administratives et juridiques nécessaires pour que les jeunes puissent créer leur propre entreprise.
Pour en savoir plus sur le projet porté par Nagla, cliquez ici !