Le ministre espagnol des Affaires étrangères se joint aux hauts responsables pour rendre hommage au Secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel, à l’occasion de son départ
Barcelone, 10 juin 2026, Barcelone – L’Union pour la Méditerranée a tenu aujourd’hui à Barcelone sa réunion de hauts fonctionnaires, rassemblant les représentants de ses 43 États membres sous la coprésidence de l’Union européenne et de la Jordanie. Cette réunion a été l’occasion de saluer officiellement le départ du secrétaire général sortant, Nasser Kamel, après huit années de service. José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, était présent à cet événement.
Dans son dernier discours tant que secrétaire général, Nasser Kamel a dressé un bilan sans détour des réalisations de l’organisation et des défis qui restent à relever. Revenant sur ses huit années à la tête de l’UpM, il a averti que le contexte international avait évolué de manière inimaginable lors de sa prise de fonctions, les engagements multilatéraux étant de plus en plus remis en question et, dans certains cas, délibérément démantelés. Ce dernier a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une simple turbulence passagère, mais d’une remise en cause structurelle du principe de responsabilité mutuelle des États.
Dans ce contexte, il a soutenu que les conflits qui ravagent la région, leurs conséquences en cascade et les souffrances qu’ils continuent d’engendrer, conjugués aux défis communs à la Méditerranée, rendent l’action multilatérale plus urgente que jamais. Évoquant la pénurie d’eau, les vagues de chaleur extrêmes, les crues soudaines, le chômage des jeunes, l’insécurité énergétique et le creusement des inégalités économiques et démographiques, il a souligné qu’aucun de ces défis ne connaît de frontières ni ne se prête à des solutions bilatérales.
Le secrétaire général Kamel a identifié trois priorités pour l’UpM qui requièrent une attention soutenue : la gouvernance, les ressources et un engagement significatif des États membres. Il a exhorté les États membres à tirer pleinement parti des plateformes et des réunions ministérielles de l’UpM, soulignant que trop d’entre eux privilégiaient encore les voies bilatérales au détriment de l’architecture multilatérale qu’ils avaient construite ensemble. Il a lancé un appel particulier à la coprésidence, invitant la Jordanie et l’Union européenne à utiliser plus activement leur influence unique, tout en reconnaissant que le Secrétariat lui-même devait continuer à mériter la confiance placée en lui.
Il a conclu son discours en déclarant : « Je quitte ce poste plus convaincu que jamais que la Méditerranée mérite mieux que ce que nous avons été prêts à lui offrir jusqu’à présent. »
Les hauts fonctionnaires ont également tenu un dialogue politique régional portant sur les questions clés concernant la Méditerranée. Ils ont par ailleurs entendu les présentations des cinq nouveaux Secrétaires généraux adjoints sur leurs domaines de travail respectifs, illustrant l’étendue de l’engagement sectoriel de l’UpM dans la région et les synergies entre les actions de l’organisation et celles du Pacte pour la Méditerranée.
À cet égard, la réunion a notamment permis à la Commission européenne de faire le point sur le Pacte pour la Méditerranée, avec des discussions sur son plan d’action et le rôle de l’UpM dans sa mise en œuvre. Les échanges ont également porté sur la réforme en cours de l’organisation, un bilan ayant été présenté par le Secrétaire général adjoint principal de l’UpM. Les préparatifs de la prochaine réunion ministérielle de l’UpM sur l’eau figuraient également à l’ordre du jour, les hauts fonctionnaires ayant mené des consultations sur les orientations à suivre.
En matière de gouvernance, les hauts fonctionnaires ont échangé leurs points de vue sur la continuité du leadership à la suite du départ du secrétaire général Kamel.
La réunion s’est conclue par une allocution du ministre Albares, qui s’est également entretenu en marge avec le secrétaire général Kamel. Le ministre a salué l’engagement de M. Kamel en faveur du projet méditerranéen, engagement qui, selon lui, a joué un rôle fondamental dans le développement de l’UpM ces dernières années, et a reconnu son action pour faire de l’organisation un élément clé de l’agenda euro-méditerranéen. Dans son discours, il a réaffirmé l’engagement indéfectible de l’Espagne envers l’UpM, a souligné la valeur unique de l’organisation en tant que forum de dialogue et de coopération entre tous les partenaires méditerranéens et a appelé à un renforcement du partenariat dans les années à venir.
