Façonner l’avenir : Mettre l’accent sur le leadership des femmes dans le milieu universitaire
Barcelone, le 23 avril 2026 – Bien que les femmes représentent plus de 50 % des diplômés dans les États membres de l’UpM, comme la Syrie et la Tunisie, un plafond de verre persistant les maintient sous-représentées de manière critique aux postes universitaires de haut niveau, avec un nombre limité de femmes à la tête d’universités au niveau régional.
Mettant en lumière les obstacles structurels, les progrès et les solutions, l’Union pour la Méditerranée (UpM) et l’Agence Catalane de Coopération au Développement (ACCD) a organisé le webinaire de haut niveau intitulé « Façonner l’avenir : les femmes à la tête de la science et de l’enseignement supérieur en Méditerranée ».
Lors de l’ouverture de l’événement, la secrétaire générale adjointe de l’UpM, Petra Kežman, a souligné que combler le déficit de représentation des femmes aux postes de direction dans l’enseignement supérieur n’était pas seulement une question d’égalité, mais un impératif stratégique pour l’avenir de la région méditerranéenne. « Lorsque les femmes sont exclues des postes de direction, c’est toute la région qui en pâtit », a-t-elle déclaré, ajoutant que « le leadership des femmes est un moteur d’excellence, d’innovation, de paix et de développement ». Cette dernière a réaffirmé l’engagement de l’UpM à faire du leadership sensible au genre une priorité transversale, notamment à travers la nouvelle initiative « Les femmes à la tête du changement » et les prochains dialogues politiques.
Faisant écho à la nécessité de solutions concrètes, Andrea Costafreda, directrice générale de l’Agence Catalane de Coopération au Développement a souligné l’engagement de sa région en faveur d’un renforcement concret des capacités afin de donner les moyens d’agir aux leaders de demain.
Dans son discours d’ouverture, Maria Cristina Russo, membre de la Commission européenne, a rappelé que l’égalité des genres est une condition préalable à l’excellence scientifique et à la bonne gouvernance. Cette dernière a noté que l’engagement de l’UE se traduit par des actions régionales par le biais de la Plateforme sur la recherche et l’innovation de l’UpM et occupe une place centrale dans le Pacte pour la Méditerranée. Les femmes doivent de plus en plus façonner les programmes de recherche plutôt que de se contenter d’y contribuer.
La première session, intitulée « Les femmes au sein du leadership universitaire », a porté sur la mise en œuvre de réformes institutionnelles tangibles pour surmonter les préjugés profondément enracinés, mettant en évidence le rôle déterminant de la culture institutionnelle et des pratiques de leadership dans les progrès vers l’égalité des genres dans l’enseignement supérieur. S’appuyant sur les enseignements du projet We4Lead (Université d’Aix-Marseille), les intervenants ont présenté l’égalité des genres comme un processus stratégique qui nécessite un renforcement durable des capacités et des mécanismes concrets pour permettre une approche véritablement transformatrice. Ces derniers ont souligné qu’un engagement fort de la part des dirigeants est certes crucial, mais que les stratégies pour l’égalité des genres ne peuvent aboutir que si elles s’appuient sur un engagement collectif de la base, une budgétisation sensible au genre et des données solides permettant de suivre le pouvoir décisionnel effectif des femmes, plutôt qu’une simple représentation descriptive.
Afin de traduire ces réflexions en actions concrètes, la session s’est achevée par la présentation du projet de l’UpM récemment lancé, « Les femmes à la tête du changement ». Soutenue par l’ACCD et mise en œuvre dans dix universités du Maroc, du Liban et de Syrie, cette initiative vise à renforcer les capacités institutionnelles pour concevoir et pérenniser des modèles de leadership véritablement inclusifs pour l’avenir.
La deuxième session, axée sur le leadership scientifique, a permis de souligner que la réduction des inégalités entre les genres dans la recherche et l’innovation n’est plus seulement une question d’équité, mais un facteur essentiel de la compétitivité régionale. La professeure Rajaâ Cherkaoui El Moursli, lauréate du Prix UNESCO-L’Oréal pour les Femmes et la Science, a partagé son parcours personnel et présenté des données illustrant la forte présence des femmes dans les laboratoires, mais leur invisibilité quasi totale aux postes de direction. Le problème ne réside pas dans le manque de femmes qualifiées, mais dans un système entravé par des barrières structurelles et mentales.
Réunissant des scientifiques de renom, des décideurs politiques et des dirigeants d’institutions, la table ronde qui a suivi a souligné la nécessité urgente de permettre aux femmes de dépasser le stade de la mise en œuvre pour accéder à la prise de décision stratégique. Les intervenants, parmi lesquels figuraient des représentants de SESAME, du FCDO britannique, de la Commission européenne et de PRIMA, ont plaidé en faveur d’un soutien global aux femmes par le biais de mécanismes tels que le mentorat, le parrainage, les leviers politiques et des incitatives positives notamment sous forme d’attribution de prix. L’une des stratégies clés identifiées pour modifier les rapports de force consistait à veiller à ce que les femmes soient associées aux prises de décision stratégiques et aux comités consultatifs scientifiques dès la phase initiale.
Pour conclure, la discussion s’est achevée sur le constat qu’une véritable transformation ne peut reposer uniquement sur la bonne volonté ; elle nécessite des leviers structurels obligatoires, des politiques adaptées au contexte et un engagement collectif en faveur de l’autonomisation de la prochaine génération de femmes leaders dans toute la région euro-méditerranéenne.
Les résultats seront intégrés au projet « Les femmes à la tête du changement » de l’UfM et communiqués à la Plateforme régionale de l’Union pour la Méditerranée sur la recherche et l’innovation.
